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Le corps de Jean-René Hoarau a été retrouvé ce mercredi dans sa maison d'Imanga Tsinjoarivo. Il portait des traces de blessures à la tête, cause de sa mort.
La gendarmerie de Tsiroanomandidy, qui s'occupe de l'affaire, a conclu à un homicide. Pour le moment il n'y a que des suspects, pas d'arrestation. L'enquête s'annonce difficile car il semblerait que le meurtre ait été perpétré quelques jours avant la découverte du corps. Une autopsie est en cours.
Jean-René Hoarau connaissait bien Madagascar, son père y était déjà exploitant agricole avant l'Indépendance du pays. C'est à la sortie de la crise politique de 2002 qu'il a décidé de retourner s'installer dans la Grande Île pour y exploiter des terres.
Il a toujours su que son intégration serait difficile et que la vie n'allait pas y être rose tous les jours, mais il a couru le risque, appuyé par des membres de sa famille.
Il est arrivé à Imanga Tsinjoarivo avec comme bagages son courage, un véhicule et un conteneur de matériel agricole. Il a habité pendant quelques mois dans ce même conteneur, avant de commencer la construction de sa maison avec l'aide de son fils Davy.
Ce n'était pas un grand parleur, il préférait être direct et aller droit à l'essentiel, sauf quand on le lançait sur les sujets qui lui tenaient à cœur: Son exploitation, le développement économique du pays et ses parties de chasse (sûrement un des meilleurs fusils de la région). Sa franchise pouvait, sans doute, heurter aux premiers abords, mais on remarquait très vite que c'était son amour de Madagascar qui le poussait à être ainsi. D'ailleurs la dernière question qu'il posait fréquemment à ses visiteurs était: Tu crois que le pays s'en sortira un jour ?
Peu de temps avant son assassinat il avait décidé de rentrer en France. Il était en plein déménagement et s'installait chez des amis à lui, en attendant le moment de s'en aller. Son départ de Madagascar était prévu pour le 17 Juillet …
Sa disparition relance plusieurs débats.
Le premier étant de savoir s'il y a de la place à Madagascar pour des acteurs économiques autres que des industriels ne faisant "qu'exploiter" une main d'œuvre bon marché dans des usines ou sur des terres louées directement à l'Etat malagasy (extractions diverses, cultures, …) et si oui, à quelles conditions et avec quels objectifs. Cette question d'ordre générale en avance d'autres aussi sensibles, l'accès des étrangers à la propriété, la sécurisation des investissements, la gestion du foncier, etc …
Le second débat touche la position actuelle de la France. Elle est accusée depuis le début de la crise d'être à l'origine du renversement de pouvoir et des rumeurs parlent même de financements occultes. Ce n'est certainement pas le dernier discours de son Ambassadeur qui fera changer l'opinion publique, puisqu'il a autant tapé sur les doigts de la HAT que sur ceux des autres mouvances. Cette situation floue ne peut qu'envenimer les choses et conduire à une hausse du "racisme" envers les ressortissants français. Si une diplomatie "souterraine" (Françafrique) existe vraiment, il serait temps qu'elle prenne conscience des risques qu'elle fait prendre aux expatriés.
Nous espérons que l'auteur de cet acte abominable sera vite appréhendé, afin que la famille de la victime puisse connaître les raisons qui ont poussés cet homme (ou cette femme) à agir ainsi.
Nous espérons également ne pas revoir dans un futur proche d'autres cas similaires, car dans le cas contraire la France aurait indéniablement sa part de responsabilité et devrait probablement en répondre.
Sincères condoléances à la famille.
Kris
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La maison de Jean-René Hoarau - isolée et en retrait de la RN1bis









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