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Un exploitant de piment à Sakay vient d’être assassiné. Misely Daniel a été tué par coup de couteau à Andranomena III. Un vol à la tire a eu lieu dans cette même circonscription. Et en pleine ville de Tana, à Anosibe, deux voleurs viennent d’être identifiés : le premier retenu par les forces de l’ordre, le second suivi en taxi par un autre policier, après avoir pris de l’argent en masse…Et pour certains quartiers de Tana, il n’est plus possible de rentrer tard et d’aller seul dans la rue. Et quoi d’autres encore ?
Bref, les scènes de violences ne cessent. Et la violence est la source de la pauvreté. Et si les initiatives en Asie étant de désarmer pour combattre la pauvreté, un œil dans ce sens ne fera pas de mal à nos dirigeants actuels, car on se sent parfois dans le far West. Certes, comme disait Jean Marc Châtaignier, le pays n’en est pas pour autant au bord de la guerre civile, quoique si l’on ne constate que ce nous avons cité là haut, la violence est bel et bien présente et elle ne manquera surement pas d’avoir des effets secondaires dans la société, avançant d’autres conflits.
Nous voulons épargner ces maux. Naturellement, un recours à l’indépendance économique et politique régionale a été, à plusieurs reprises réclamées, mais ce fut en vain. La décentralisation, jusqu’alors n’a pu être effective et par ce fait le contrôle de l’Etat central, par le biais des chefs de région ou des chefs de district, ne laisse pas passer comme il se doit le processus d’autonomie des régions, sur le plan économique et politique, et n’accorde pas toujours l’indépendance de l’administration et de l’administrateur.
Sur le plan politique, par exemple, presque tous les partis sont centralisés à Tana et rares sont les cas où les leaders font une descente en province. La formation en question compte sur des membres de Tana, originaire des régions pour former des antennes, seulement rien ne garantit que ces membres issus des provinces soient acceptés dans leur fief et peuvent ramener de bons membres pour le parti.
Quant à l’économie, il fallait juste tenir compte du fait que l’économie régionale n’est même pas autonome. Il fallait donc chercher d’autres preneurs en dehors de ceux de la région et parmi les grands acheteurs il y a Tana, Toamasina, Mahajanga et Fianarantsoa. Donc, ceci dit encore que l’économie est contrôlée par les grandes villes, en particulier Tana. Et les grands opérateurs dans ces grandes villes sont des notables, des personnalités ayant une relation avec les autorités ou directement des proches des autorités ou des autorités elles-mêmes.
Face à tout cela, l’ordre social est touché directement par l’ingérence des administrateurs et des hautes personnalités. La population au niveau de la localité est peut-être calme, mais n’est pas forcément d’accord que l’Etat central commande tout. Elle n’est d'accord non plus que L'Etat fixe les prix d’achat et les prix de vente de leurs produits. Bref, elle n’accepte pas qu’il maîtrisen le marché, un fait qui parfois déclenche des violences de tout genre.
Ces faits engendrent un écart entre la population et le groupe des dirigeants. Un autre facteur de violence. Et la population, quand à elle, a peur de produire parce que la main mise qu’ont ces personnalités ne facilite pas toujours la situation de l’exploitation. Souvent, la population se rabat vers l’oisiveté. Les terrains existent, les 1,3 millions d’hectares prévus pour être exploités par Daewoo sont toujours là et restent inexploités. Les produits halieutiques sont encore disponibles, ainsi que d’autres produits de rente. Les commandes existent aussi. Mais il reste aux intéressés de s’accorder avec la demande et d’affronter le marché et de gérer tous les risques y afférents afin que ceux-ci ne les lèsent pas.
Pour l’heure, discuter sur le sujet semble tabou. Les autorités préfèrent une population "douce comme des agneaux". Il ne faut pas les interrompre dans leurs manœuvres ceux qui montent le ton, la prison leur est réservée, Manoela de la mouvance Ravalomanana en est un cas. Ceux qui essaient d’occuper le terrain politique, comme Isaac Mamonjisoa initiateur du FTSV, un parti parallèle au TGV, un avis de recherche leur est lancé,…
A part la violence générée par les faits et réalités, il y a là aussi des violences créées par les autorités, les tenants du pouvoir, l’opposition, la presse,… et nous même. Une violence qui est souvent le fruit de nos agressivités. Mais l’agressivité est naturelle à l’homme et "la violence apparaît alors comme une perversion de l'agressivité". Il faut juste donc qu’elle ne nous tue pas, surtout quand c’est nous même qui la créons.
Rado









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