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Dans cette crise, et dans toutes les crises précédentes, sauf celle de 1972, le véritable enjeu est la pauvreté. De là émerge toutes sortes de frustrations, et en définitif cela explose fatalement en augmentant d'intensité à chaque fois, paradoxalement les stigmates laissés par ces crises successives marquent l'économie nationale et augmentent encore plus notre pauvreté et notre dépendance financière.
D'autre part nos politiciens promettent monts et merveilles, peut-être par inexpérience, peut-être par démagogie, mais quoi qu'il en soit inapplicables à notre échelle, en croyant ou en faisant croire qu'il y a de l'argent dans les caisses et qu'il suffit juste de l'utiliser à bon escient.
En partant du principe que les pays émergents ont tous cette spécificité commune d'attirer les capitaux, qu'il y a 20 billiards de dollars par jour qui circulent dans ce monde, que la perspective de Kofi Annan de réduire de moitié le nombre de pauvres sur la planète pour l'horizon 2015 a été atteint dès 2008, mais que l'Afrique n'a peu ou à peine profité, je crois sincerement que Madagascar a droit à sa part de soleil, si elle y mettait du sien ...
On parle beaucoup du fihavanana, mais on a une sale réputation qui nous précède, c'est l'instabilité, et plus le temps passe, plus les gens sont pauvres, plus la fréquence augmente, plus l'intensité s'amplifie et comme un précipice sans fin l'équation recommence. Je ne parle pas simplement des renversements de régime, il y a aussi les fameuses "Opérations Karana"* ou "Chinois" tout aussi dévastatrices pour l'économie sinon plus en terme d'économie nationale.
Je pense que pour sortir enfin Madagascar de cette spirale infernale, il faut miser sur l'attractivité de l'investissement et la sécurisation de celle-ci, pour preuve l'existence des gros investisseurs comme QMM, Sheritt ou Total ont été salutaires pour l'économie du pays malgré l'asphyxie.
En traitant le problème à la source, c'est-à-dire le manque de capitaux et/ou de rentrées fiscales, je pense qu'on peut oeuvrer durablement sur le développement réel, ça ne se fera pas en un mois, ni en un an, il faut d'abord effacer cette sale réputation et s'inscrire sur la stabilité et la continuité de l'Etat. Après on peut effectivement parler de gratuité de l'enseignement, de la santé, de social, de la culture ect .... Mais on ne peut promettre ce que l'on n'a pas, et compter sur les subventions et prêts ne peut marcher éternellement. Loin de moi l'idée de se séparer de nos partenaires financiers, déjà on a un manque à gagner de 62% (au moins) pour faire marcher notre propre économie, étrangement je n'ai vu aucune politique d'austérité budgétaire sur n'importe quelle période, mais je me trompe peut-être.
Pour conclure, on a déjà perdu l'AGOA, avec en perspective la destruction de quelques 180 000 emplois directs et indirects selon les chiffres du brillant analyste Roger Rabetafika, ce n'est pas rien ... on a perdu le FRPC, unique audit à l'endroit des institutions financières internationales, pour la première fois de notre histoire seuls 47 milliards sur 89 milliards ont été injectés dans les bons du Trésor, s'il vous plaît, arrêtons le massacre.
04 Février 2010
Mahery Manandafy









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