09/03/2010 (13h00) - Une mission technique conjointe de bailleurs de fonds sur la situation du trafic de bois de rose se tient dans la Sava depuis dimanche. En quelques mois, cette région est devenue "la plaque tournante" du commerce illicite de ce bois précieux.
Le country manager de la Banque mondiale, Adolfo Brizzi, le chef de délégation de l'Union européenne, Leonidas Tezapsidis, les ambassadeurs des Etats-Unis et de la Norvège , Niels Marquardt et Dag Nissen, ainsi que le directeur de l'Agence française de développement (AFD), Olivier Pezet accompagnés du directeur général de Madagascar national parks, Guy Suzon Ramangason. Tous ont tenu à faire personnellement le déplacement dans cette région qui est devenue, en l'espace de quelques mois, la plaque tournante du trafic de bois de rose.
Un constat accablant
En réalité, le problème est tel que Madagascar a souscrit à plusieurs conventions internationales qui, normalement, devraient engager tout gouvernement en place. En font notamment partie la CITES , la convention internationale sur la biodiversité. Dans d'autres cas, comme avec la Banque mondiale, l'accord de crédit passé dans le cadre du programme environnemental (PE) phase III interdit l'exportation de bois précieux.
Et il y a aussi le Fonds des aires protégées qui, entre autres, accorde environ 165 000 dollars annuellement pour la protection du parc Masoala. Il est donc, somme toute normale, que les bailleurs de fonds se montrent préoccupés par la situation actuelle.
Le constat est accablant : la situation semble difficilement maîtrisable puisque, depuis quelques années, l'interdiction d'exportation de bois de rose souffre régulièrement d'exceptions, comme cela a été le cas, pour ne citer que cela, par deux fois en 2009.
Sur le terrain, la task-force peine à couvrir les zones d'intervention, faute de moyens et d'hommes, le port de Vohémar recèle encore 274 containers prêts à être exportés (les propriétaires ayant payé leurs redevances avant le 30 novembre 2009). De l'autre côté, les découvertes de rondins de bois de rose dans les brousses n'en finissent toujours pas, alors que du côté de la circonscription régionale du ministère de l'Environnement et des forêts d'Antalaha, 180 tonnes de bois ont déjà été saisies depuis le début de la crise.
Risque d'ingérabilité
Aucune statistique officielle ni inventaire précis des stocks de bois n'existent donc pour le moment. Mais, ce qui est sûr, c'est que si de nouvelles autorisations d'exportation sont délivrées au stade actuel des choses, la situation deviendra totalement ingérable puisque ce sera de nouveau la ruée, alors que les foyers de coupes illégales ne sont pas encore maîtrisés dans le parc de Masoala.
L'objectif était ainsi de se rendre compte de ce qui se passe réellement côté environnement et au niveau des parcs de Marojejy et de Masoala, étant entendu que ces organismes internationaux et pays y financent plusieurs projets.
Dans cette optique, ils ont rencontré les divers acteurs de la filière juteuse pour les trafiquants et meurtrière pour l'environnement et des agents oeuvrant dans la lutte contre le trafic de bois de rose : les autorités régionales, les responsables de la task-force, les représentants du ministère de l'environnement et des forêts... Des descentes dans quelques villages situés dans le processus de collecte et d'acheminement des bois illicites ont même eu lieu dans la journée d'hier, ainsi qu'un survol de la forêt de Masoala.









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